la vraie vie pour aventure

Rester nature

Déjà, il faut bien avouer qu'ils en jettent, rien que par leur stature. Mais aussi imposants et majestueux soient-ils, les arbres sont probablement les êtres de la nature les plus accessibles à l'homme. Ils ne s'enfuient jamais à notre approche, bravent le temps avec une constance sereine et nous assurent ainsi de les retrouver là où nous les avions laissés... C'est bien pratique pour l'organisateur de stages d'approche sensible du végétal que je suis !


Solidement enraciné, fièrement dressé vers le firmament, l'arbre est, à l'image de l'homme, un trait d'union entre la terre et le ciel. Sa verticalité interpelle la nôtre, et chaque essence s'emploie à l'incarner de sa propre manière. Ainsi, passer une demi-heure en compagnie du hêtre suscitera des ressentis bien différents d'une rencontre avec le bouleau... En faire l'expérience est non seulement un enchantement, par l'harmonie qu'elle procure, mais aussi une révélation de la « mission de vie » de chaque espèce. Par ricochet, difficile de ne pas nous interroger sur notre propre raison d'être ici-bas.


Bains de forêt, sylvothérapie, approche sensible du végétal, rencontres avec les arbres... Autant de façons de nommer ce lien, bien réel, qui est d'ores et déjà tissé entre les arbres et nous. Un lien qui nous relie à la nature autant qu'à notre propre nature. Et qui par là même nous nettoie, nous soigne, nous fait du bien, tout simplement.

Les arbres : médiateurs bienfaisants entre l'homme et sa nature

La graine se souvient de l'arbre qu'elle sera.​​​​​​​​​​​​​​

Lao Tseu

Redéfinir notre concept même de nature

Les arbres, les fleurs, les oiseaux, les serpents, les écureuils, les rivières et les déserts... Tout cela, nous l'appelons nature. Un peu comme le Parisien qui qualifie de « province » tout ce qui dépasse du périphérique, nous avons tendance à fourguer dans le grand sac de la nature tout ce qui n'est pas humain. Notre langage et notre pensée, facultés exclusives de notre espèce, dressent ainsi sans même que nous nous en apercevions une frontière psychologique entre la nature et nous.


Mais nous faisons partie intégrante de la nature !


Les quatre bases nucléiques qui constituent notre ADN sont les mêmes que chez tous les autres êtres vivants de la planète. Nos chromosomes, nos gênes possèdent 35% de points communs avec certaines fleurs, et 98% avec le chimpanzé... La nature, ce n'est pas « tout ce qui n'est pas humain », mais « tout ce qui est sur Terre, dont l'humain ».


Alors oui, c'est vrai, quand nous éradiquons tous les autres règnes pour nous agglutiner dans des villes, nous nous coupons de la nature. C'est notre trop grande concentration humaine sur un territoire restreint qui nous prive de cette intimité primordiale avec notre mère commune. Nous éteignons le ciel nocturne en allumant nos réverbères. Nous perdons le cycle des saisons, et notre société humaine ne tourne plus rond.


En croyant nous affranchir de la nature, nous avons juste

réussi l'exploit de devenir esclaves de nous-mêmes !


Pourtant, il fut un temps où nous savions non seulement respecter mais aussi améliorer la création... Nulle pomme sauvage ne saurait rivaliser avec les opulentes variétés que le génie humain est parvenu à sélectionner. La sobre beauté de l'églantine est aujourd'hui encore déclinée sous mille couleurs et autant de parfums, par le talent des créateurs de roses. Les horreurs de l'uniformisation et de l'industrialisation nous font passer pour des monstres que nous sommes loin d'avoir toujours été...


Alors trève de culpabilité ! Ce n'est pas certainement pas en affirmant que nous n'y avons pas notre place que nous respecterons la nature. Au contraire, c'est en reconsidérant notre façon de l'aborder, en nous incluant en elle, que nous lui témoignerons toute notre considération. Avec à la clé, une amélioration plus que probable de notre santé et de notre sentiment de bien-être.

Saint Bernard de Clairvaux

Tu trouveras dans les arbres et les rochers plus que dans tous les livres.​​​​​​​​​​​​​​

La nature nourrit et soigne l'homme, et en retour l'homme détruit la nature... Curieux paradoxe, qu'il nous est souvent plus confortable d'éluder en évitant d'y penser. La bonne nouvelle, c'est que nous ne sommes pas plus condamnés à cette politique de l'autruche qu'à la rumination coupable de notre mauvaise conscience. Une troisième voie existe, quoi que nous réserve l'avenir : nous réconcilier avec cette source indéniable de mieux-être ! Nous la maltraitons parce que nous l'avons oubliée, mais le lien n'a jamais été rompu. Chacun est libre de le renouer, en toute simplicité, et pour son plus grand bien-être.

La nature, source de bien-être par excellence​​​​​​​

Au printemps 2008, lorsque les premières fleurs sauvages sont sorties de terre, j'ai été pris d'une envie irrésistible de mieux les connaître... Cette attirance incompréhensible, effrayante même pour mon esprit rationnel, m'a permis d'identifier peu à peu quelques uns de ces merveilles de la nature.


La claque !


Lorsqu'une plante n'était pas alimentaire, elle était médicinale. Parfois les deux... Éberlué, j'ai compris que j'évoluais depuis trente-six ans au milieu d'un garde-manger et d'une pharmacie à ciel ouvert ouvert, sans même m'en rendre compte.


Cette prise de conscience a considérablement ébranlé ma représentation de notre société contemporaine... Pur produit de l'Éducation Nationale (une mère professeure d'allemand, un père conseiller d'éducation), je savais ne pas avoir pu passer à côté d'un tel enseignement : ce savoir, personne ne me l'avait tout bonnement transmis !


Comment pouvions-nous nous prétendre civilisés tout en négligeant un tel trésor ?


Rétrospectivement, je mesure à quel point ces anodines fleurs des champs ont bouleversé ma vie. Durant trois ans, j'ai suivi avec passion une formation sur les plantes sauvages et médicinales​​​​​​​ qui me vaut aujourd'hui d'être considéré par certains comme un expert en la matière... En réalité, elle m'a permis de mesurer l'immense richesse du végétal, et la profondeur de mon ignorance à son égard.


Mais elle a surtout changé mon regard sur la nature, sur ma propre nature d'être humain, et sur le monde artificiel que nous nous sommes fabriqué à force de ne compter que sur nous-mêmes. Nous nous sommes servis de notre cerveau pour rationaliser notre rapport au monde, et nous avons remisé nos sensations corporelles et nos émotions comme s'il s'agissait de maladies honteuses !


L'approche sensible de la nature et la sophrologie ont pour point commun de réhabiliter tout ce que nous éprouvons. Que nous en connaissions ou non la raison ! Il ne s'agit pas de brimer notre mental, qui est un formidable outil, mais de nous réapproprier simplement l'intégralité de ce qui fait de nous des êtres humains.

Redécouvrir la nature, témoignage personnel

Victor Hugo

C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain nécoute pas.​​​​​​​​​​​​​​

Bien-être : remédier au syndrome du manque de nature

C'est à l'écrivain et journaliste américain Richard Louv que l'on doit le terme de « syndrome du manque de nature ». Son best-seller « Last Child in the Woods » (le dernier enfant dans les bois), paru en 2005, n'a malheureusement toujours pas été traduit en français... Louv s'y penche sur la façon dont la plupart des enfants américains sont désormais coupés de la nature. Physiquement d'une part, mais aussi socialement, culturellement, par l'éducation qu'ils reçoivent.


L'ouvrage a eu un impact retentissant aux Etats-Unis, de nombreux adultes se reconnaissant également dans ce syndrome du manque de nature et dans ses conséquences sur la santé. Dépression, troubles de l'attention, manque de créativité ou encore obésité présentent la particularité de reculer de manière spectaculaire dans un environnement naturel... Au point qu'il convient de s'interroger si ce n'est pas précisément l'absence de cet environnement qui favorise ces désordres et ces pathologies.


Dans les ouvrages qu'il a écrit depuis (« the Nature principle » et « Vitamin N »), Richard Louv pose les bases d'une nouvelle relation entre l'homme et la nature. Par les cinq sens, par la contemplation, il met en évidence la simplicité avec laquelle l'homme peut se reconnecter à la nature.


Alors si vous avez le vague à l'âme, le sentiment diffus de passer à côté de votre vie, ou des symptômes plus graves, pensez nature ! Une mise au vert de quelques jours vous révélera si vous souffrez du syndrome du manque de nature, et vous soignera par la même occasion.